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Les observations de cette fin d'été

La digue constitue un point d'observation intéressant, permettant d'avoir un regard sur le Rhône, l’Île du Beurre et l'embouchure de la lône. C'est à cet endroit que nos adhérentes-bénévoles, Martine et Lydie, tiennent des permanences régulières pour observer la faune et partager des moments de découverte avec les usagers de la Viarhona.

En cette fin d'été de nombreuses espèces d'oiseaux ont ainsi pu être observées : Héron cendré, Cygnes tuberculés, Martin pêcheur, Fauvette à tête noire, Pigeons ramiers, Pouillot véloce, Goéland leucophée, Pic vert, Grand cormorans, Chevalier guignette, Canards colverts, Grande aigrette...

Et le 30 août, c'est le passage du Balbuzard pêcheur (photo) qui a marqué les observations du moment !

La flore du site des 2 Rives

 

La forêt

L'importante densité de végétation des sous-bois de la forêt alluviale évoque une "jungle tropicale". Les jeunes arbres et arbustes y sont variés : frêne, ormeau, érable champêtre, prunellier, cornouiller sanguin, noisetier, aubépine, ronce, fusain, églantier... Ils fournissent abris et nourriture à de nombreuses espèces animales.

Les lianes, comme la clématite, le lierre ou la vigne vierge, grâce à la fertilité et l'humidité du sol se développent rapidement le long des troncs pour grimper à la conquête de la lumière. Elles participent grandement à l'aspect "forêt vierge" de la forêt alluviale.

Les herbacées semi-aquatiques

Ces plantes trouvent sur le site un milieu humide très favorable, dès lors qu'elles disposent de berges en pentes douces et d'un ensoleillement suffisant.

L'Iris faux-acore, l'Eupatoire chanvrine, la Menthe aquatique, la Salicaire, le Plantain aquatique, les Carex, les Prêles... constituent les espèces les plus typiques.

Le site abrite également quelques zones de roselières, devenues rares sur le secteur de la moyenne vallée du Rhône. Les habitats de phragmites (roseaux) jouent un rôle écologique important, notamment pour de nombreux oiseaux.

Epipactis fibri

L'Epipactis fibri, espèce végétale particulièrement remarquable sur le site, a été découverte et décrite pour la première fois au monde dans la peupleraie de l'Ile du Beurre en 1992.

La faune du site des 2 Rives

Les mammifères

Bien qu'ils soient moins visibles, ces animaux sont bien présents sur le site. On peut déceler leur activité grâce aux traces et indices qu'ils laissent...

- Le Castor d'Eurasie est présent sur le fleuve et dans les lônes ; l'île du Beurre porte son nom. Plutôt nocturne, on peut l'apercevoir au crépuscule ou à l'aube.

- Le Ragondin est souvent confondu avec le Castor, il est pourtant beaucoup plus petit et sa queue est longue et cylindrique comme celle d'un rat. On peut le voir en journée.

- La Genette commune est un petit animal très discret, elle descend des coteaux pour venir se nourrir la nuit, sur l'île et le long des lônes.

- La Loutre d'Europe recolonise le fleuve depuis le sud.

- Le Sanglier vient chercher la tranquillité sur l'île du Beurre et dans les fourrés de Gerbey surtout en période de chasse.

- Le Chevreuil européen est présent à l'année, sur les deux rives.

- L'Ecureuil roux est omniprésent et facilement observable.

- Le Renard roux est présent sur tout le site et s'y reproduit régulièrement.

- La Martre des pins, plutôt nocturne, se reproduit sur le site.

- Les micromammifères (rats, mulots, campagnols, musaraignes..) sont répartis sur le site selon leurs préférences écologiques.

- Les Chauve-souris (appelées aussi Chiroptères) affectionnent les arbres morts pour gîter et les zones humides pour chasser.

Les oiseaux

Les animaux que l'on observe le plus facilement sont les oiseaux, de tailles, couleurs, formes et habitudes très différentes.

- Le Héron cendré est très présent sur le site des 2 Rives. L'espèce est nicheuse : une colonie d'une cinquantaine de couples, la deuxième du département, s'active de février à juin. Un observatoire, aménagé en face facilite son observation en évitant tout dérangement.

- Le Martin pêcheur d'Europe peut être vu en train de pêcher. On comprend son surnom d' « éclair bleu » lorsqu'on l'aperçoit longer la lône.

- Le Milan noir, migrateur, revient au printemps pour nicher dans les grands peupliers, des dortoirs s'y réunissent également en fin d'été.

- Le Pic épeiche creuse des cavités dans les arbres morts pour y élever sa nichée.

- Le Grand Cormoran est présent en hivernage, les tranquilles peupliers de l'Ile du Beurre sont utilisés comme dortoir.

- Le Cygne tuberculé, nommé d'après la protubérance noire qu'il possède à la base supérieure du bec, est le plus gros oiseau du site.

- Le Troglodyte mignon est présent dans les haies, les bosquets, les lisières de forêt, partout où il y a des buissons denses. On le rencontre souvent près des zones humides.

- La Mésange bleue niche dans une cavité d'arbre mort (elles en trouvent ici en abondance) ou de mur, et s'installe volontiers dans les nichoirs.

Les amphibiens

A la limite entre la terre et l'eau, on peut rencontrer des espèces très particulières que sont les amphibiens. Des reptiles sont également présents, certains plutôt aquatiques.

Il n'y a pas d'espèces de vipères présentes sur le site, ces dernières préférant des habitats moins humides. Il est important de rappeler que toutes les espèces indigènes d'amphibiens et de reptiles sont protégées en France ; leur transport, mutilation ou destruction sont donc interdits et punis par la loi.

- Le Crapaud commun est terrestre, surtout crépusculaire et nocturne. Il reste solitaire et difficile à observer en dehors de la période de reproduction où des rassemblements importants se forment dans les points d'eau stagnante (étangs, mares...).

- La Grenouille agile présente les mêmes mœurs que le Crapaud commun, ce sont néanmoins des espèces différentes : Plus gros, le crapaud se distingue de la Grenouille agile (non, ce n'est pas le mâle de l'espèce !) par ses glandes volumineuses en arrière des yeux, et par sa peau pourvue de petites verrues.

- La Grenouille verte est facilement observable au bord de la lône et des points d'eau.
Le régime alimentaire des amphibiens est constitué principalement de petits insectes (mouches, moustiques) avec parfois des vers et des mollusques.

Les reptiles

- Le Lézard vert est le plus gros des lézards du site (jusqu'à 32 cm de long). Sa couleur lui permet un camouflage aisé dans la végétation. Sur le site, il est présent sur les pierres et le bas côté du sentier.

- Le Lézard des murailles est le plus commun. Il est facilement visible sur le sentier ou sur les troncs, où il se chauffe au soleil.

- La Couleuvre verte et jaune peut mesurer jusqu'à 1,80 m, elle est la plus grande couleuvre visible sur le site. Son corps est noir parsemé de taches jaunes. Terrestre, elle se nourrit de rongeurs, oiseaux, lézards et autres serpents.

- La Couleuvre à collier (jusqu'à 1 m) elle possède un collier de couleur jaune, blanche ou noire. Elle présente une coloration gris-verdâtre. Elle peut vivre dans les milieux humides où elle se nourrit essentiellement d'amphibiens et de poissons de petite taille.

- La Couleuvre vipérine (jusqu'à 1 m) présente des motifs dorsaux forment un zigzag la faisant ressembler à une vipère. Contrairement aux deux autres espèces, elle ne vit que dans les milieux humides. Elle se nourrit de petits poissons, de têtards et d'amphibiens adultes.

- La Tortue de Floride (ou Tortue à tempes rouges/jaunes) est originaire du Mississippi, elle a été introduite dans le Rhône par des particuliers, qui, après l'avoir acquise en animaleries, l'ont relâchée dans la nature lorsqu'elle est devenue trop encombrante.

Perturbant le milieu une fois relâchée, elle peut entrer en compétition avec la tortue aquatique indigène (la Cistude). Ce n'est pas le cas sur le site où elle reste la seule espèce de tortue présente.

Les insectes

- Les Odonates (ou libellules) sont visibles presque partout sur le site, du fait de la proximité de l'eau (lônes, mares, étangs, fleuve...). Les évolutions climatiques et les mouvements de populations au sein de la vallée du Rhône présagent l'arrivée d'espèces d'origine méditerranéenne.

- Les Coléoptères (scarabées, carabes, capricornes...) est l'ordre des insectes qui possède le nombre d'espèces le plus important. On en compte plus de 400 rien que sur le site, ils sont notamment importants pour la transformation des bois morts et le cycle forestier. Ils se rencontrent néanmoins dans la plupart des milieux, même dans l'eau.

Les lépidoptères (papillons) sont facilement visibles sur les fleurs et au bord des flaques d'eau où ils viennent s'abreuver. Pour les papillons nocturnes il suffit de regarder, pendant les chaudes nuits d'été, autour des sources de lumières.

Les poissons

Les espèces présentes sont caractéristiques des grands fleuves français, avec d'importantes populations de poissons blancs typiques des zones calmes (Gardon, Carpe commune, Rotengle, Brème commune, etc.) ou à courant plus soutenu (Barbeau, Goujon, etc.). Les carnassiers sont également variés (Sandre, Perche, Poisson-chat, etc.) et parfois de taille importante : les silures de plus de 2.20 m ne sont pas rares !

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